L'Arbre:      

Le Cyprès de Lambert

Cupressus Macrocarpa

 

Origine, histoire et utilisation en Bretagne

Le cyprès de Lambert originaire de la baie de Monterey en Californie, a été introduit en France au milieu du 19éme siècle. Il a été planté pour agrémenter les jardins et parcs des villas qui se construisaient à cette époque sur toute la côte Atlantique et sur une partie de la Manche. Son allure de cèdre qu’il prenait au fil des ans a fini par s'accorder avec le style d’architecture des constructions de la seconde moitié du 19ième siècle. Sa résistance aux embruns l’a désigné pour constituer des brise-vents en zone littorale et parfois pour fixer les dunes.

Symbole d’immortalité comme l’if et le cyprès méditerranéen, il a été planté également à proximité d’édifices religieux à Pleyben, Plougasnou, chapelle de Beuzec au pays Bigouden… 

ou dans les cimetières comme à Plonéour Lanvern.

 

 

 

 

 

L’évolution du cyprès de Lambert dans le paysage à partir des années 60/70.

L’usage pour la haie de jardin : de l'apogée du cyprès au début de son déclin
Du rôle de grand brise-vent à l’arbre d’agrément, il est devenu une espèce très couramment utilisée pour faire de la haie sur la côte Atlantique et la Manche jusqu'au Cotentin. Très vite il partagea cette fonction avec un cultivar, le cyprès doré (cupressus macrocarpa luthea) « plus décoratif ». Il se présentait alors sous la forme de haie taillée au cordeau à l'allure géométrique et maintenue en hauteur autour des 2 mètres réglementaires. Le cyprès, qui est un arbre, rappelons le, n’a pas supporté ce traitement et l’a manifesté par toutes sortes de maladies ou de dégénérescences.
Pour couronner le tout, à l‘intérieur d’une même haie, il n’était pas rare de trouver une hétérogénéité des végétaux (nuances de verts, des feuillages plus ou moins piquants) qui n’était pas pour plaire aux clients qui recherchaient à composer une haie parfaitement homogène à l’instar de leur pelouse…
Les gelées de 1985 et 1986 ont occasionné une mortalité importante parmi les jeunes plants et signé un arrêt de la production par les pépiniéristes

L’abandon au profit du "Leylandii"
La multiplication par bouture étant difficile et la réussite des semis aléatoire, les pépiniéristes ont, dans les années 75/80, mis à profit la création d’un hybride facile à bouturer obtenu par le croisement du cyprès de Lambert avec le Chamaecyparis nootkaensis. 
Il s'agit du cyprès de Leyland (Cupressocyparis X Leylandii)
Le "leylandii" a été vanté commercialement pour présenter tous les avantages :


Haie de cyprès de Leyland


- une croissance rapide, 
- une parfaite homogénéité, 
- une meilleure résistance au froid. 
Il a été également flatté pour sa bonne adaptation en bordure de mer.
(Actuellement son feuillage encombre les déchetteries et l’abattage des haies devenues trop encombrantes fait le bonheur de certaines entreprises d’élagage …)
Le cyprès de Lambert a fortement décliné face à la production de masse d’un tel concurrent. 

L’ouragan d'octobre 1987
Cet événement exceptionnel est présent dans toutes les mémoires. Les vents de parfois plus de 200km/h ont provoqué des bris et chutes d’arbres, notamment des cyprès particulièrement exposés. Les dégâts très importants ont précipité la raréfaction de cette essence par effet direct ou induit, certains particuliers ou collectivités préférant abattre un arbre jugé dangereux.


Le début du renouveau
La tempête de 1987 à fait parler du cyprès de Lambert par ses chutes spectaculaires. Cependant, l'exploitation des arbres couchés a mis du bois à disposition, et la production de sciages qui a suivi, a rafraîchi la mémoire des anciens qui se sont souvenus de l’odeur et des qualités de durabilité du bois. Les sculpteurs, les menuisiers et les ébénistes ont redécouvert l’homogénéité du bois et ses couleurs chaudes. Les billes de cyprès ont même fait l’objet d’exportations vers l’Italie, pays du cyprès méditerranéen …
(Une association similaire sur cette essence doit exister très probablement...)


Les nouvelles plantations
Depuis 1990, quelques professionnels forestiers, administratifs et privés ont pris sur eux de promouvoir les replantations du cyprès d’abord à titre expérimental avec des aides de l’Etat puis en passant sans difficulté le relais à des entrepreneurs de travaux forestiers, pépiniéristes, paysagistes et esthètes déjà bien motivés… 
Actuellement en respectant certaines conditions (sol, climat, mélange d'espèces…), des plantations de cyprès peuvent même être subventionnées par certains Conseils généraux…

 

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